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ACQUITTE MAIS PAS LIBRE

Polycarpe Abah Abah

L’ex-ministre de l’Économie et des Finances a été reconnu non coupable par le Tribunal Criminel Spécial, dans l’affaire du détournement de la somme de plus de 2 milliards de FCFA en coaction avec Lydienne Eyoum. Cependant, il reste en détention pour d’autres charges qui pèsent encore contre lui.

Vendredi 26 septembre 2014. Le tribunal criminel spécial rend un verdict en faveur de Polycarpe Abah Abah. L’ancien ministre des finances et l’huissier de justice maitre Célestin Baleng Maah ont été acquittés pour faits non-établis dans l’affaire de la convention entre la Société Générale des Banques du Cameroun et le ministère des Finances. Toutefois Polycarpe Abah Abah reste sous le coup d’une condamnation de 6 six ans de prison pour « tentative d’évasion ».

Quant à maitre Lydienne Eyoum Coaccusée dans cette affaire, elle a été condamnée à 25 ans de prison.

Rappel historique

16 décembre 2004, Polycarpe Abah Abah, ministre de l’Économie et des Finances au moment des faits, aurait délivré un pouvoir spécial à Me Yen Eyoum, en sa qualité de conseil du ministère des Finances, à l’effet de recouvrer les fonds issus de la convention entre la société générale de Banque du Cameroun et le ministère des Finances.

À la suite de la décision du juge du contentieux, la BEAC émet un ordre de virement des fonds querellés en date du 21 décembre 2004. Deux jours plus tard, le 23 décembre 2004, Henri Engoulou, ministre délégué aux Finances, chargé du Budget, aurait demandé à Me Yen Eyoum Lydienne, par lettre-fax, de ne virer dans les comptes de l’État au Trésor public, que la moitié du montant reçu de la BEAC, c’est-à-dire la somme de 1 milliard 77 millions 987 mille 905 francs CFA, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé sur le montant des nouveaux honoraires qu’elle estime lui être dus au titre de la seconde phase de la procédure.

Lydienne Eyoum était accusé d’avoir gardé par devers elle la somme de 1 070 000 000 de F Cfa non pas dans un compte spécial appelé « compte client », comme l’exige la loi qui réglemente la profession d’avocat, mais dans son compte personnel à la Standard Chartered Bank : « elle s’est conférée le droit de retenir un bien qui ne lui appartient pas », a déclaré Yap Abdou, le président du Tribunal Criminel Spécial. Rappelons que l’État du Cameroun a, en décembre 2004, commis Me Lydienne Eyoum pour recouvrer l’argent (plus de 2 milliards de F Cfa) que détenait abusivement la Société générale de banque au Cameroun (Sgbc) dans ses livres et de le reverser au Trésor public.

Le ministre Abah Abah lors de son audience, avait affirmé ne pas être au courant de cette lettre du ministre Engoulou qui demandait à Lydienne Eyoum de conserver une partie de l’argent récupéré à la Sgbc. Ces éléments ont joué en la faveur de Polycarpe Abah Abah devant le Tcs. Aussi, l’ex- patron du ministère des Finances, avait délivré un pouvoir spécial à Lydienne Eyoum lui demandant de reverser la totalité de la somme recouvrée au Trésor Public. Toutefois, d’autres charges continuent de peser contre Polycarpe Abah Abah.  

Aurait-il encore gain de cause pour sa «tentative d’évasion» prononcé par le tribunal de première instance de Yaoundé- Ekounou en 2012 ?​

Séraphin Njikam